Filed under: Ecologie
Longtemps je me suis posé cette naïve question: qu’auraient fait les populations des pays concernés si elles avaient su avant par exemple les 2 dernières guerres mondiales les horreurs que celles ci allaient entrainer? Si des oracles sèrieux (oxymore?) avaient annoncé en 1914 “dans 4 ans la guerre ne sera toujours pas terminé, il y aura eu plus de 9 millions de morts, et l’Allemagne et la France seront, comme nombre de leurs combattants, totalement défigurées”…Bien sur cette question n’a pas lieu d’être puisque par définition l’avenir est imprévisible (même si certains persistent à croire que des étoiles situées à des milliers d’années lumière de nous peuvent influer sur nos minables petites vies…). Il y a pourtant fort à parier que “si” ces populations en avaient connu les conséquences elles se seraient retrouvées dans les rues pr dizaines de millions pour protester, s’opposer, virer les puissants politiques et militaires qui croient pouvoir disposer de millions de vies comme ils l’entendent…
Qu’en est il actuellement? Des “oracles” très sérieux, peu contestés (ne nous leurrons pas, Allègre et ses copains, malgré leur fréquentation des médias friands de ce genre de “contestataires”, sont dans l’ensemble peu pris au sèrieux par nos concitoyens, enfin… je crois, non?), nous prédisent depuis presque 40 ans le pire si nous ne faisons rien pour contrer la crise écologique (et sociale) qui s’annonce à chaque rapport de plus en plus proche, de plus en plus violente, de plus en plus inéluctable: ne parlons pas du réchauffement climatique (qui tend à occulter le reste) et de ses conséquences directes, mais aussi de la raréfaction des ressources naturelles, que l’on continue malgré tout à piller sans vergogne, pollutions de l’air, de l’eau, des sols, diminution exponentielle de la biodiversité, montée bientôt ingérable des inégalités, etc…Tout ça on le sait!
Mis à part les quelques pseudo sceptiques cités précédemment, nous, pékins moyens de tous les pays, le savons, qu’on soit informés par les réseaux militants ou par les grandes chaines de télé, par les conversations au café du coin ou l’internet. Et même les optimistes (?) acharnés qui comptent encore sur les progrés scientifiques pour nous sauver ont parfaitement conscience qu’avant que nous dépolluions tout à grands coups de nanotechs, que nous recréions les espèces disparues grâce au génie génétique et que nous enfouissions tous nos GES (gaz à effet de serre) dans des trous (au goulp, les méchants GES!), on va vivre au mieux quelques années particulièrement… difficiles.
Contrairement à nos ancêtres, qui eux partaient la fleur au fusil dans le vain mais rassurant espoir d’un avenir meilleur (après avoir niqué l’ennemi en 3 jours), nous savons tous que le notre, d’avenir, est pour le moins bien sombre… Nous avons donc un avantage sur nos aïeux: nous pouvons prédire notre avenir dans ses grandes lignes! Et pourtant… “notre maison brule et nous regardons ailleurs”, comme l’a dit notre regretté (tout est relatif) président El Chi*
À quel degré d’inconscience sommes nous donc pour assister à l’incendie de notre maison commune en nous en désolant, mais en continuant dans le même temps à y jeter tout le combustible qu’on a sous la main?
Je n’ai pas la prétention de penser détenir la réponse, sans doute quelques éléments de réflexion que j’essaierai de développer plus tard, en particulier la crainte que notre sociétée d’abondance ait fait de nous des toxicomanes aussi dépendants que peuvent l’être des accros de l’héroïne, de l’alcool ou du tabac. Trouvez donc une définition de la dépendance, ou de la toxicomanie, et appliquez le à notre relation à la consommation, notre difficulté à nous restreindre, notre besoin perpetuel de produits nouveaux… Troublant, non?
* Une (la?) des seules phrases censées qu’on peut retenir de lui d’ailleurs, même si c’est Hulot qui lui a soufflé!
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